LES ENTRETIENS D'AUTEUR(E)S

Mirela LEKA-XHAVA

Par amour de la poésie

Mirela Leka-Xhava est née dans la ville d'Elbasan en Albanie. Passionnée de littérature depuis son enfance, elle publie de temps en temps dans divers magazines et journaux. Elle est diplômée en Langue et Littérature albanaise à l’Université « Aleksander Xhuvani » à Elbasan. Jusqu’en 2002, avant d’émigrer en France, elle a travaillé comme bibliothécaire à la Bibliothèque universitaire de la ville d'Elbasan. Ses poèmes ont été publiés dans des revues et journaux prestigieux en France, Albanie, Kosovo, Angleterre, Canada, Etats-Unis, Belgique, Bangladesh, Inde, Tunisie, Roumanie, Bulgarie, Italie, République Dominicaine, Pays Bas, Chine etc. Elle est active dans les salons littéraires en France, et a obtenu le Diplôme d’Honneur au 24ème Printemps des Poètes - Sartrouville France. Elle est publiée périodiquement dans la revue littéraire « Florilège » de l'association Poètes Sans Frontières - Dijon et dans plusieurs anthologies. Elle a été finaliste du Festival de Poésie Méditerranéenne, Rome – 2022, et participe constamment à des concours littéraires. Depuis 2024, elle est membre de la Société des Poètes Français, Paris. Elle vit actuellement avec sa famille à Bordeaux, en France.

1. Depuis quand écrivez-vous ?
J’ai commencé à écrire très jeune, vers l’âge de 11 ans, lorsque j’ai découvert la littérature, une matière dans laquelle je me sentais bien et où j’ai compris que se trouvait ma passion. Je ne me souviens pas de mon premier poème, mais j’avais un petit carnet où j’écrivais sans cesse, jusqu’au jour où je me suis présentée dans un cercle littéraire pour élèves de collèges. Je me souviens que mes parents me félicitaient, m’encourageaient et lisaient mes poèmes à nos proches. Lors d’un concours scolaire, mon poème a remporté le premier prix et a été récité par une camarade.


2. Qu’est-ce qui vous a donné l’envie d’écrire ?
Mes premiers poèmes étaient rimés. Plus tard, malgré quelques périodes de pause, sont venus les poèmes de jeunesse, plus intimes, chargés d’émotions.


3. Où écrivez-vous ?
J’écris lorsque mon état d’âme est relativement serein. Parfois l’heure importe peu lorsque l’inspiration surgit, mais les plus beaux poèmes naissent la nuit, dans le silence, quand on médite et que l’on peut suivre plus lentement le fil de la pensée.


4. Avez-vous des rituels pour écrire ? (fond sonore, etc)
Je n’ai pas de rituel particulier, si ce n’est le besoin du calme absolu, en m’écoutant moi-même.


5. Plutôt ordinateur ou papier pour écrire ?
J’ai mes carnets, mais je préfère écrire sur ordinateur, où il m’est plus facile de classer mes textes dans des dossiers Word et de préparer le livre suivant. Cependant, je reviens souvent à mon petit carnet par nostalgie, pour y noter aussi des idées spontanées.


6. Comment naît votre inspiration ?
Je voudrais ici rappeler et approuver cette phrase de Milan Kundera :
« Il semble qu’il existe dans le cerveau une zone tout à fait spécifique qu’on pourrait appeler la mémoire poétique et qui enregistre ce qui nous a charmés, ce qui nous a émus, ce qui donne à notre vie sa beauté. »
L’inspiration naît d’un beau poème que l’on vient de lire, surtout chez les poètes classiques français tels que Baudelaire, Hugo, Prévert, qui m’influencent, mais aussi de lectures philosophiques sur l’existentialisme et du réel troublé de notre monde. Pourtant, la vie est belle, la nature est inspirante : elle est poésie en elle-même.


7. Quelle dose de personnalité mettez-vous dans vos écrits ?
Chaque poème porte mon identité, il est écrit à la première personne et je suis moi-même jusqu’à la cellule.


8. Que souhaitez-vous transmettre à travers vos écrits ?
Mes poèmes transmettent l’amour de la famille, la passion pour les belles choses, les vécus dans l’espace et dans le temps, les contrastes et les réminiscences du passé, de mon pays du camp de l’Est jusqu’à sa chute en 1990. Et surtout : la paix.


9. Connaissez-vous le nombre de textes que vous avez écrits ?
Après mon premier recueil de premier publié en 1999, il y a eu une période de relative interruption. Ces cinq dernières années, quatre livres de poésie en vers libres ont été publiés. Je prépare également d’autres ouvrages de poésie, de prose poétique et de nouvelles. Dans un avenir proche, une nouveauté apparaîtra dans ma création : le haïku et la nouvelle.


10. Avez-vous écrit autre chose que des poèmes ?
J’ai tenté la prose courte, la nouvelle, la poésie pour enfants, quelques interviews et traductions, mais mon premier amour reste la poésie.


11. En général, que lisez-vous ? Votre auteur(e) préféré(e) ?

Dans ma jeunesse, j’ai beaucoup lu de romans et de poésie, surtout de grands auteurs : Victor Hugo, Albert Camus, Dumas, Flaubert, Stendhal. Plus tard, en France, j’ai approfondi Baudelaire, Rimbaud, mais aussi des auteurs du monde entier, et bien sûr notre grand écrivain albanais publié en France, I. Kadare. Mon idole était Balzac. Aujourd’hui, ma bibliothèque s’est enrichie des livres de mes amis poètes, comme le Chevalier des Lettres Stephen Blanchard, la poétesse et philosophe Catherine Andrieu , vous, ainsi que d’autres auteurs issus des revues Société des Poètes Français, Florilège, etc.


12. Avez-vous d’autres passions que l’écriture ?
Parmi mes autres passions figurent la peinture, les fleurs et la musique classique, sans les pratiquer de manière approfondie, ainsi que la mythologie et l’histoire.


13. Avez-vous des conseils à donner aux auteurs ?
Je relis en ce moment Rilke, « Lettres à un jeune poète. » Pourrais-je mieux conseiller que lui ?
Il faut que le temps de lecture accompagne celui de l’écriture et, surtout, rester soi-même.


14. D’après vous, qu’est-ce qui devrait changer ou être amélioré dans le secteur de l’édition ?
À mon avis, il ne devrait pas y avoir d’autoédition ni d’édition à compte d’auteur. Il faudrait revenir aux anciennes normes littéraires pour publier les meilleurs.


15. Les réseaux sociaux jouent-ils un rôle pour vous en tant qu’auteur ?
Les réseaux sociaux sont une forme de promotion, mais je les utilise surtout pour remercier mes éditeurs ; autrement, je les aurais fermés depuis longtemps.


16. Que représente la poésie pour vous ?
Personne n’a trouvé la définition parfaite de la poésie. Pour moi, elle est existentialisme, thérapie, sentiment, rêve, magie et, sans crainte, un souffle divin.


17. Si vous deviez décrire votre personnalité en trois mots...

Je me définirais comme passionnée, persévérante et empathique.


18. Votre dernier coup de gueule ?
En général, je suis calme et j’aime la solitude, mais face à l’injustice, il y a parfois des explosions.


19. Votre dernier coup de coeur ?
Mon dernier coup de cœur a été la tolérance d’un oiseau posé sur un tronc coupé au-dessus du lac d’un parc. Il faisait froid. Un autre oiseau s’est approché et il lui a laissé sa place.


20. Votre rêve le plus fou ?

Mon rêve le plus fou est que l’âme de l’enfant m’accompagne jusqu’à la fin de mon cheminement terrestre.

Je termine en vous remerciant, chère Chris amie des auteurs, pour votre travail infatigable au service de la littérature avec votre site littéraire « Le Monde de Poetika ».

 

Propos recueillis le 27 janvier 2026